Couesnon Amédée

Couesnon et Cie est une importante manufacture française d’instruments de musique, active entre le XIXe et le XXe siècle. Elle s’inscrit dans la continuité de plusieurs maisons parisiennes spécialisées dans la facture instrumentale. L’origine de l’entreprise remonte au milieu du XIXe siècle avec la maison Gautrot Aîné et Cie, fondée à Paris en 1845 et d’abord consacrée aux instruments à vent. Quelques années plus tard, l’activité s’élargit à la fabrication d’instruments à cordes, notamment au sein d’un atelier situé rue d’Angoulême. Cette évolution est alors encadrée par Maurice Mermillot à partir de 1885, luthier expérimenté ayant collaboré avec plusieurs figures reconnues du métier. À la fin du XIXe siècle, la direction passe à Amédée Couesnon, qui développe considérablement l’entreprise. Celle-ci prend une dimension industrielle importante, avec de nombreux ateliers répartis sur plusieurs sites en France, dont Paris, Mirecourt, Mantes ou encore Château-Thierry. L’effectif atteint alors plusieurs centaines d’ouvriers. Au début du XXe siècle, l’organisation des ateliers de lutherie se structure davantage. Georges Cherpitel, issu de la maison Thibouville-Lamy, est notamment chargé de leur direction. Dans un contexte de demande soutenue pour des instruments de qualité, l’entreprise renforce sa position en intégrant en 1913 la maison fondée par Léon Bernardel. Cette association marque une nouvelle étape dans le développement de la production, sous une appellation réunissant les deux noms. Léon Bernardel joue un rôle actif pendant plusieurs années, en particulier dans la supervision artistique des instruments. Par la suite, d’autres personnalités rejoignent la maison, comme Eugène Vincent Genod à la fin des années 1920, impliqué dans l’organisation commerciale des ateliers. Au début des années 1930, la direction est reprise par Jean Couesnon, qui poursuit l’exploitation du nom Bernardel en tant que marque. L’entreprise adapte alors sa production en diversifiant les types d’instruments et d’accessoires proposés. Les ateliers de Mirecourt participent notamment à cette évolution, sous la responsabilité de Gaston Bernez. Après la Seconde Guerre mondiale, l’activité connaît un ralentissement. Les effectifs diminuent progressivement et certains sites ferment au fil du temps. L’atelier de Château-Thierry cesse ses activités dans les années 1960, tandis que la production de lutherie à Mirecourt est abandonnée progressivement à partir du milieu des années 1950.

Biographies tirées du Dictionnaire Universel des Luthiers (René VANNES), du livre sur Lutherie Lorraine et Française (Albert JACQUOT), de Roland Terrier (https://www.luthiers-mirecourt.com) ainsi que Guy Batifort (https://www.viaductviolins.com)
  • Date de naissance : À partir de 1855
  • Date de décès : Vers 1950