Amédée Dieudonné est un luthier français du XXe siècle, formé entre Mirecourt, Bruxelles et Paris, et reconnu pour la qualité de sa production ainsi que pour son rôle dans la formation de nombreux artisans. Issu d’une famille de luthiers, il apprend le métier dès l’adolescence auprès de Gustave Bazin. Après plusieurs années de formation, il poursuit son parcours en travaillant dans différents ateliers, notamment à Bruxelles chez Darche, puis à Paris où il effectue un passage au sein de l’atelier Germain avant de revenir en Belgique. Au début des années 1920, il s’établit à Mirecourt où il ouvre son propre atelier. L’entreprise fonctionne avec une équipe réduite composée de quelques ouvriers et apprentis. Au fil du temps, l’atelier change d’adresse à plusieurs reprises tout en restant implanté dans la ville. Il exerce son activité durant plusieurs décennies avant d’y mettre un terme à la fin des années 1950. L’atelier de Dieudonné se caractérise par une structure artisanale, avec un nombre limité de collaborateurs. Il accorde une place importante à la transmission du savoir-faire et forme de nombreux apprentis au cours de sa carrière, dont certains deviendront à leur tour des luthiers reconnus. Parmi les personnes passées par son atelier figurent notamment René Bazin, Charles Claudot, Pierre Claudot, Édouard Cristofaro, Jean Eulry, Eugène Guinot, Michel Lotte, Eugène Maucotel, Jean Striebig, Marcel Thomassin et Marcel Voirin. D’autres luthiers, tels qu’Étienne Vatelot, Bernard Millant, René Quenoil, Bill Moennig ou René Morel, y effectuent également une partie de leur apprentissage. Au cours des années 1920, il collabore avec Charles Enel, pour lequel il fournit des instruments issus de son atelier. Ces productions, réalisées avec un soin particulier, se distinguent légèrement de sa fabrication personnelle tout en conservant des caractéristiques techniques proches. Elles peuvent porter des mentions spécifiques liées à cette collaboration. Les instruments provenant de l’atelier Dieudonné présentent des caractéristiques variables selon les périodes. Ils peuvent comporter différentes étiquettes, signées ou non, ainsi que des inscriptions manuscrites généralement apposées à l’intérieur de l’instrument. Certaines productions sont également associées à d’autres noms ou marques, correspondant à des pratiques d’atelier ou à des usages commerciaux. On rencontre ainsi des instruments portant des étiquettes variées ou des appellations distinctes.